Les trois nombres qui font le calcul

Le premier est la somme de vos charges annuelles, poste par poste : quote-part de salle, prime de responsabilité civile professionnelle, logiciel, formation continue, supervision, comptable, site, téléphonie, déplacements. Ce total surprend presque toujours à la hausse, parce qu'il additionne des dépenses trop petites pour être surveillées séparément.

Le deuxième est le revenu net que vous voulez vous verser. Il se pose avant le calcul, pas après : un prix construit sur ce qui reste une fois les charges couvertes n'est pas un prix, c'est un solde.

Le troisième est le nombre de séances réellement facturées dans l'année, qui n'est pas le nombre de créneaux ouverts. C'est ce troisième nombre qui transforme un calcul juste en calcul honnête, et c'est celui sur lequel l'optimisme fait le plus de dégâts.

Le calculateur de tarif plancher de ce site prend ces trois entrées et en tire le prix de séance en dessous duquel votre cabinet perd de l'argent, avec le point mort et le plancher à agenda plein pour comparaison.

Schéma : deux grilles de créneaux hebdomadaires côte à côte, celle de droite amputée d’une partie de ses cases, la différence cernée d’un trait ocre

Le taux de remplissage, le seul levier qui bouge vraiment

Un cabinet ouvre des créneaux et n'en facture qu'une partie. Annulations tardives, créneaux placés à des heures que personne ne prend, périodes creuses, rendez-vous décalés qui ne se rattrapent pas : l'écart entre l'agenda ouvert et l'agenda encaissé est la première cause d'un tarif calculé trop bas.

Faites tourner le calcul deux fois, à un taux prudent puis à un taux confortable, et regardez l'écart entre les deux planchers obtenus. Cet écart est exactement le risque que vous prenez en fixant votre prix sur l'hypothèse haute. Quand il dépasse vingt euros par séance, votre sujet n'est pas le prix, c'est le remplissage.

Le remplissage se travaille par des leviers qui n'ont rien à voir avec le tarif : une règle d'annulation écrite et appliquée, des créneaux positionnés là où votre public est disponible, une prise de rendez-vous qui n'ajoute pas de friction. C'est moins gratifiant qu'une hausse de prix, et nettement plus efficace.

Ce que le prix des autres vous apprend, et ce qu'il ne dit pas

Un tarif relevé sur la page publique d'un confrère est une information réelle, à condition d'être relevée correctement : discipline, ville, type d'acte, montant et date. Sans ces cinq éléments, c'est une rumeur chiffrée.

Ce que ce relevé ne dit jamais, c'est le taux de remplissage de celui qui pratique ce prix, ses charges, et s'il vit de son activité. Un tarif bas peut signaler un cabinet installé qui a amorti ses charges, comme un cabinet qui ne tient pas. Les deux se ressemblent parfaitement de l'extérieur.

Utilisez donc ces relevés pour situer votre prix, jamais pour le fixer. Quand votre plancher dépasse nettement ce qui se pratique dans votre zone, la réponse n'est pas de descendre le prix mais de revoir les charges ou le volume, faute de quoi vous financerez votre cabinet sur votre épargne.

Ce que vous relevezCe que vous pouvez en conclure
Un prix affichéLe positionnement d'un confrère, à une date donnée, dans une ville donnée.
Une durée de séanceLe prix à la minute réellement pratiqué, souvent très différent du prix affiché.
Une règle d'annulationLe degré de tenue de l'agenda dans ce cabinet.
Rien sur le remplissageLe prix relevé ne vous dit pas si ce cabinet est viable.

Afficher un tarif, c'est poser une condition commerciale

Indiquez le tarif, la durée exacte de la séance, les modalités de règlement et votre règle d'annulation. Cette clarté évite les discussions flottantes, facilite votre prévisionnel, et vous protège en cas de désaccord. Elle vous oblige aussi à décider de votre règle d'annulation, ce qui est le vrai bénéfice de l'exercice.

Comptez la durée complète mobilisée, pas seulement la durée affichée au client : accueil, préparation, notes, rangement et suivi administratif. Un rendez-vous d'une heure occupe rarement une heure de votre journée, et c'est cet écart qui remplit un agenda sans remplir un compte en banque.

Sur la mention d'une éventuelle prise en charge par une complémentaire santé, restez au conditionnel et renvoyez le client à son propre contrat. Une prise en charge annoncée sans réserve engage celui qui l'annonce.

Questions sur le tarif

Faut-il afficher ses tarifs publiquement ?

L'affichage lisible des prix est la règle attendue d'un professionnel proposant une prestation au public, et il vous évite des discussions au moment du paiement. Un tarif clair, avec sa durée et ses conditions, est aussi un argument de sérieux dans un champ qui en manque.

Peut-on pratiquer des tarifs réduits ?

Oui, à condition que la règle soit écrite et applicable de la même façon à tous ceux qui remplissent le critère annoncé. Une réduction accordée au cas par cas, sans règle, désorganise votre prévisionnel et se retourne contre vous en discussion.

Mon plancher est plus haut que les prix de ma ville. Que faire ?

Regardez d'abord le remplissage et le nombre de semaines travaillées, puis les charges poste par poste. Si le plancher reste au-dessus du marché après ces deux passes, le modèle n'est pas viable en l'état, et le prix n'est pas la variable qui le corrigera.

Faut-il augmenter ses tarifs chaque année ?

Vos charges évoluent, vos taux de cotisation aussi. Refaire le calcul une fois par an, à date fixe, vaut mieux qu'une hausse décidée dans l'urgence après une mauvaise année. La question n'est pas d'augmenter, elle est de savoir où se situe votre plancher aujourd'hui.

À lire ensuite

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  • Calculer son tarif plancher à partir des charges du cabinet
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