La mise en sommeil ne suspend pas l’existence de la société. Tant qu’elle demeure immatriculée, elle conserve des obligations légales, comptables et fiscales annuelles. L’activité suspendue arrête les recettes, mais elle n’efface ni certains impôts, ni les comptes annuels, ni les contrats qui continuent de produire leurs effets.
En bref
- La cessation temporaire doit être déclarée sur le Guichet unique de l’INPI dans les 30 jours suivant la décision.
- Une société à l’impôt sur les sociétés conserve une déclaration fiscale annuelle, même lorsqu’aucun chiffre d’affaires n’est encaissé.
- La CFE reste normalement due pendant les douze premiers mois d’inactivité, avant une possible exonération liée à la durée d’arrêt.
- Les comptes annuels, l’approbation des comptes et certaines formalités de greffe restent à effectuer tant que la société existe.
- Les charges sociales du dirigeant dépendent de son statut, de sa rémunération et de l’existence éventuelle de salariés.
Ce contenu porte sur les sociétés immatriculées qui suspendent temporairement leur exploitation. Il ne traite ni de la fermeture définitive d’une entreprise individuelle, ni du calcul individualisé des cotisations d’un dirigeant, qui doit être vérifié avec un expert-comptable.
Que conserve une société pendant une mise en sommeil ?
La mise en sommeil, aussi appelée cessation temporaire d’activité, permet de cesser l’exploitation sans dissoudre la société. La personne morale conserve son numéro Siren, son siège, ses statuts et son inscription au Registre national des entreprises. Elle ne disparaît donc pas du paysage administratif.
Cette différence explique les dépenses résiduelles. Une société inactive ne facture plus de prestations et ne réalise plus de ventes, mais elle continue d’exister juridiquement. Les administrations attendent donc des déclarations, les banques maintiennent parfois des frais de compte, et le bailleur peut conserver ses droits selon le contrat signé.
La formalité doit être déposée dans les 30 jours suivant la décision du représentant légal. La procédure est réalisée sur le portail e-procédures de l’INPI. La page officielle consacrée à la cessation temporaire d’activité sur le Guichet unique indique que le dossier doit être signé puis payé pour être transmis aux autorités compétentes.
La décision ne dispense pas de lire les statuts
Dans une SASU ou une EURL, l’associé unique peut généralement formaliser sa décision seul. Dans une SAS, une SARL ou une SCI à plusieurs associés, les statuts peuvent prévoir une consultation des associés ou une décision collective. Le pouvoir du dirigeant ne doit pas être supposé sans avoir lu le texte applicable à la société.
Le procès-verbal n’est pas toujours exigé par l’INPI pour la formalité, mais il reste utile. Il permet de dater précisément l’arrêt, de justifier la décision auprès d’un comptable, d’une banque ou d’un assureur, et de déterminer la période couverte par les comptes annuels.
Une difficulté revient souvent lorsqu’un établissement secondaire est encore déclaré ouvert. L’INPI précise qu’il faut fermer les établissements secondaires actifs avant de pouvoir enregistrer la cessation temporaire de la structure principale. Un cabinet partagé, une salle louée dans une maison de praticiens ou une adresse secondaire doivent donc être vérifiés dans le dossier RNE.
La durée est limitée, même sans activité
Pour une société commerciale, la cessation temporaire est encadrée par l’article L.123-10 du Code de commerce. Le texte, consulté sur Légifrance, prévoit une durée maximale de deux ans. Au terme de cette période, la société doit reprendre une activité, être dissoute ou risquer une radiation d’office après les procédures prévues.
La mise en sommeil n’est donc pas un classement définitif de la société dans un tiroir administratif. Elle laisse du temps pour reprendre un cabinet, céder une structure ou choisir une dissolution, mais elle n’interrompt pas les délais annuels. Plus l’arrêt s’allonge, plus la liste des contrats à surveiller devient importante.
La réglementation distingue ainsi l’arrêt de l’exploitation et la disparition de la personne morale. La première suspend l’activité économique. La seconde exige une dissolution, une liquidation et une radiation, avec un calendrier et des coûts différents.

Quels impôts et quelles déclarations fiscales restent dus chaque année ?
Une société en sommeil ne réalise normalement plus d’opérations taxables, mais elle ne devient pas invisible pour l’administration fiscale. Le traitement dépend de l’impôt applicable, de l’existence de recettes résiduelles et de la date effective de l’arrêt. Une activité suspendue doit produire des traces cohérentes dans les déclarations.
Pour une société soumise à l’impôt sur les sociétés, une déclaration de résultats demeure attendue chaque année. Lorsque la période ne comporte ni produit ni charge, elle peut être déposée avec un résultat nul. Une société qui détient encore un compte bancaire facturé, un contrat d’assurance ou un loyer de domiciliation n’est toutefois pas à zéro comptablement.
L’impôt sur les sociétés ne disparaît pas avec l’absence de chiffre d’affaires
La déclaration fiscale annuelle permet à l’administration de constater que la structure existe encore et qu’elle n’a pas repris une exploitation non déclarée. Les formulaires et délais de dépôt dépendent de la date de clôture de l’exercice. Une clôture au 31 décembre ne produit pas le même calendrier qu’une clôture fixée au 30 juin dans les statuts.
Les sociétés soumises à l’impôt sur le revenu doivent également vérifier leurs obligations déclaratives. Une EURL dont l’associé unique est une personne physique, par exemple, n’a pas le même formulaire qu’une SASU à l’IS. Ce point-là ne se tranche pas avec une règle générale. Il se traite avec un expert-comptable, en apportant les statuts, le dernier avis d’imposition et la date exacte de cessation.
La TVA suit une logique différente. La cessation temporaire entraîne en principe une dispense de déclarations et de paiement lorsqu’aucune opération taxable n’est réalisée. Une régularisation peut toutefois être nécessaire si une facture est encaissée tardivement, si un avoir est émis ou si un bien immobilisé est cédé pendant la période.
La CFE reste souvent la dépense fiscale de la première année
La cotisation foncière des entreprises ne s’arrête pas automatiquement le jour où le cabinet ferme. Selon la fiche mise en sommeil d’une société publiée par Service-Public.fr, consultée pour les règles applicables en 2026, la CFE reste due durant les douze premiers mois de cessation. L’exonération peut s’appliquer lorsque l’inactivité complète dépasse cette durée.
| Obligation | Situation pendant l’arrêt temporaire | Point de contrôle annuel |
|---|---|---|
| Déclaration de résultats | Maintenue pour une société imposée sur ses résultats | Résultat nul ou écritures réelles à déclarer |
| TVA | Dispense possible sans opération taxable | Factures tardives, avoirs et régularisations |
| CFE | Due pendant la première période de douze mois | Date exacte de début de l’inactivité |
| Impôt sur les sociétés | Pas d’impôt en l’absence de bénéfice imposable | Dépôt de la liasse fiscale dans les délais annuels |
Le calendrier compte davantage que l’intitulé utilisé dans un dossier. Une décision prise le 15 septembre ne produit pas les mêmes effets sur la CFE et sur la déclaration de résultats qu’un arrêt décidé au 2 janvier. La date d’effet déclarée à l’INPI doit correspondre aux dernières factures, aux derniers encaissements et aux écritures comptables.
La vigilance est aussi nécessaire pour les entrepreneurs qui hésitent entre une société dormante et un régime micro. Une cessation de recettes dans une micro-entreprise appelle une logique déclarative différente. Le dossier consacré à la déclaration d’un chiffre d’affaires nul permet de distinguer cette situation de celle d’une société qui conserve sa personnalité morale.
Quelles charges sociales et cotisations restent à payer pendant l’arrêt ?
Les charges sociales ne sont pas identiques pour tous les dirigeants. La forme de la société, la qualité du dirigeant, l’existence d’une rémunération et la présence de salariés déterminent ce qui reste dû. Le mot « sommeil » ne permet pas, à lui seul, de conclure à l’absence de cotisations.
Un gérant majoritaire de SARL ou d’EURL relève en principe du régime des travailleurs indépendants. Même sans rémunération ni chiffre d’affaires, des cotisations minimales peuvent subsister, notamment pour la protection sociale. Elles sont appelées selon le régime concerné et ne doivent pas être confondues avec les dépenses professionnelles de la société.
Le président non rémunéré d’une SAS ou SASU
Le président de SAS ou de SASU relève du régime général lorsqu’il perçoit une rémunération. En l’absence complète de rémunération, aucune cotisation sociale n’est normalement assise sur une paie inexistante. Cela ne signifie pas que la société est dispensée de toutes ses autres obligations, ni que le dirigeant conserve des droits sociaux identiques sans versement.
La situation change si une prime, une indemnité ou un avantage est accordé au dirigeant durant l’arrêt. Une rémunération ponctuelle peut déclencher des déclarations sociales. L’absence de consultation, de prestation ou de vente ne suffit donc pas à écarter le sujet : il faut vérifier les écritures réellement passées dans la comptabilité.
Le gérant relevant du régime des indépendants
Le gérant majoritaire doit surveiller les appels de cotisations reçus après la cessation. Les organismes sociaux ne disposent pas toujours immédiatement de toutes les informations comptables nécessaires pour ajuster les montants. Une régularisation peut intervenir après transmission du revenu définitif.
Lorsque l’entreprise bénéficie encore de l’Acre, l’exonération obtenue peut être maintenue pendant la période de cessation temporaire, selon les règles présentées par l’INPI. Cette conservation ne transforme pas une exonération temporaire en suppression définitive des appels sociaux. Les documents reçus doivent être conservés avec la date de début de la mise en sommeil.
La comparaison suivante évite une erreur fréquente entre absence de recettes et absence de cotisations.
- Un président de SASU sans rémunération peut ne pas générer de cotisations liées à une paie, mais la société conserve ses frais administratifs et fiscaux.
- Un gérant majoritaire d’EURL peut recevoir des appels minimaux, même si la structure n’a facturé aucun acte pendant l’année.
- Une société employeuse doit poursuivre les déclarations et paiements attachés aux salariés encore sous contrat.
- Un contrat de travail suspendu n’équivaut pas automatiquement à une rupture ; le droit du travail conserve ses propres règles.
Les salariés constituent le point le plus sensible. Une société ne peut pas mettre un contrat de travail en sommeil par une simple décision de gestion. La suspension, la modification ou la rupture du contrat relève du droit du travail et suppose un cadre distinct. Les cotisations, déclarations sociales et obligations de paie restent dues tant que le contrat produit ses effets.
Une interruption liée à une grossesse, à une naissance ou à une indisponibilité du dirigeant ne conduit pas nécessairement à une mise en sommeil. Le fonctionnement du cabinet, le remplacement et le statut social se regardent séparément. Le dossier consacré au congé maternité dans un cabinet libéral aide à ne pas confondre arrêt personnel et cessation temporaire de la structure.
Un expert-comptable doit relire le statut du dirigeant avant toute déclaration sociale. Les trois pièces à apporter sont les statuts, le dernier bordereau de cotisations et la décision qui fixe la date de suspension. Sans ces documents, l’arbitrage repose sur une hypothèse.
Pourquoi les comptes annuels et les obligations juridiques continuent-ils ?
La société en sommeil conserve une personnalité morale, un patrimoine et, souvent, des engagements contractuels. Cette situation impose de tenir une comptabilité, de préparer les comptes annuels et d’organiser leur approbation selon la forme sociale. L’absence de recettes réduit le volume d’écritures, mais elle ne supprime pas le devoir de les enregistrer.
Une comptabilité simplifiée ne veut pas dire une comptabilité vide. Le compte bancaire peut générer des frais mensuels. Une domiciliation, une assurance de responsabilité civile, un abonnement de logiciel, un loyer ou des honoraires comptables peuvent continuer à apparaître. Ces montants doivent être saisis et justifiés.
Les comptes annuels reflètent l’arrêt, ils ne disparaissent pas
Le bilan et le compte de résultat montrent que la structure n’exploite plus normalement. Les actifs restent inscrits tant qu’ils n’ont pas été cédés ou amortis. Les dettes demeurent également au passif jusqu’à leur règlement. Un matériel, un dépôt de garantie ou une créance ancienne ne s’effacent pas par la seule déclaration de cessation.
Pour les sociétés commerciales concernées, les comptes annuels doivent être établis, approuvés et déposés dans les conditions habituelles. Les délais annuels commencent à courir à partir de la clôture de l’exercice. Le greffe ne déduit pas automatiquement l’absence d’activité d’un défaut de dépôt.
Le représentant légal doit aussi vérifier les convocations, les procès-verbaux et la conservation des documents. Dans une structure à plusieurs associés, l’assemblée annuelle reste le lieu où les comptes sont approuvés et où la poursuite de la cessation temporaire peut être discutée. Les statuts déterminent les modalités pratiques.
Les contrats peuvent coûter davantage que les formalités
Le bail commercial mérite une lecture séparée. Certaines clauses imposent une exploitation continue du fonds ou encadrent fortement la fermeture des locaux. Une mise en sommeil peut alors créer un risque de résiliation ou de non-renouvellement, même si la formalité INPI a été acceptée.
Le même contrôle s’applique aux contrats d’assurance, de domiciliation, de téléphonie, de logiciel et de location de matériel. Une résiliation précipitée peut sembler économique, mais elle peut compliquer une reprise future ou priver la société d’une adresse de siège valable. La solution est contractuelle, pas seulement administrative.
Les dettes existantes continuent également d’être exigibles. La mise en sommeil ne doit pas être utilisée pour contourner une situation de cessation des paiements. Si la société ne peut plus régler ses dettes exigibles avec son actif disponible, un avocat en droit des affaires ou un mandataire compétent doit être consulté rapidement.
Le coût réel d’une société inactive se lit donc dans ses écritures annuelles. Les frais de greffe ne sont qu’une ligne parmi le compte bancaire, la domiciliation, les contrats maintenus et les éventuelles cotisations du dirigeant.
Comment organiser les échéances annuelles d’une société en sommeil ?
La mise en sommeil devient coûteuse lorsqu’elle est suivie au hasard. Un tableau de contrôle annuel permet de distinguer ce qui relève de l’INPI, du greffe, des impôts, des organismes sociaux et des contrats privés. Cette organisation évite les pénalités pour oubli, qui sont souvent plus gênantes qu’une formalité elle-même.
Le premier document à conserver est le récapitulatif de la formalité déposée sur le Guichet unique. Il comporte la date déclarée, les données transmises et le suivi du dossier. Lorsque l’autorité demande une régularisation, celle-ci doit être traitée depuis le tableau de bord INPI et non par l’envoi d’un courrier informel.
Un calendrier de surveillance sur douze mois
La date de clôture de l’exercice sert de repère principal. Elle déclenche la préparation des comptes, leur approbation et la déclaration fiscale. La date de début de l’inactivité sert, elle, à apprécier la CFE et la durée maximale autorisée de la cessation temporaire.
- Conserver la décision du dirigeant et le justificatif de dépôt de la cessation temporaire.
- Vérifier chaque mois le compte bancaire et les prélèvements de contrats maintenus.
- Préparer les comptes annuels à la date habituelle de clôture, même avec peu d’écritures.
- Déposer la déclaration fiscale dans le calendrier correspondant à l’imposition de la société.
- Contrôler l’avis de CFE et la date à laquelle l’inactivité dépasse douze mois.
- Relire les appels de cotisations et les contrats de travail encore en cours.
- Programmer une décision avant la fin des deux ans pour reprendre ou fermer définitivement.
Ce calendrier n’est pas un modèle universel de paie ou de fiscalité. Il sert à repérer les pièces à produire et les échéances à vérifier. Les dates exactes dépendent de la clôture comptable, du régime d’imposition, de la forme sociale et de la présence ou non de salariés.
Préparer la reprise ou la fermeture avant l’échéance
La reprise exige une nouvelle formalité sur le Guichet unique. La société doit alors remettre à jour ses données si son adresse, son activité déclarée ou ses établissements ont changé. Les contrats suspendus ou résiliés doivent être revus avant toute facturation.
La dissolution-liquidation est une autre voie lorsque la reprise n’est plus envisagée. Elle implique notamment une décision de dissolution, la nomination d’un liquidateur, une publication légale, une liquidation puis une radiation. Les coûts et formalités sont plus lourds, mais les dépenses annuelles cessent une fois la procédure achevée.
Une situation particulière mérite d’être séparée : l’arrêt d’un cabinet sans société. Une entreprise individuelle, y compris sous régime micro, suit d’autres règles de cessation ou de reprise. Pour les personnes qui perçoivent l’allocation d’aide au retour à l’emploi, la coordination entre activité et droits demande aussi une vérification distincte. Le dossier sur le cumul entre création de cabinet et ARE traite ce point sans le confondre avec la mise en sommeil d’une société.
Avant le prochain anniversaire de l’arrêt, relisez l’avis de CFE, les appels de cotisations, le bail et la date de fin des deux ans. Si la reprise n’est plus crédible à cette date, demandez à un expert-comptable le coût chiffré d’une dissolution plutôt que de laisser la société accumuler des obligations sans usage.
Une société en sommeil doit-elle déposer une déclaration de résultats ?
Oui. Une société conserve en principe sa déclaration fiscale annuelle tant qu’elle existe. Lorsqu’aucune opération n’a été enregistrée, la déclaration peut faire apparaître un résultat nul, sous réserve du régime fiscal applicable.
La CFE est-elle due pendant une mise en sommeil ?
La CFE reste normalement due pendant les douze premiers mois d’inactivité. Lorsque la cessation complète dépasse un an, une exonération peut s’appliquer selon les règles fiscales en vigueur.
Le dirigeant paie-t-il toujours des cotisations sociales ?
Cela dépend de son statut. Un président de SAS ou SASU non rémunéré ne génère généralement pas de cotisations de paie, tandis qu’un gérant relevant du régime des indépendants peut rester redevable de cotisations minimales.
Peut-on garder des salariés pendant la cessation temporaire ?
Oui, mais leurs contrats ne sont pas automatiquement arrêtés par la mise en sommeil. Les obligations de paie, de déclarations sociales et de droit du travail doivent être examinées séparément.
Combien de temps une société peut-elle rester en sommeil ?
Pour les sociétés commerciales, la durée est généralement limitée à deux ans. Avant cette échéance, la société doit reprendre son activité ou engager une procédure de dissolution-liquidation.
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